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Inukshuk et Jenga : deux métaphores pour une école (épisode 2)

Ce billet est le deuxième d’une série de quatre témoignages. Il retrace la réflexion pédagogique d’une équipe d’enseignantes et d’enseignants du CSDCEO pour trouver une vision et une mission qui leur sont communes, et rechercher des façons de les mettre en oeuvre.

 

Se brasser le Jenga en suivant le chemin de l’inukshuk

Vu que je suis de l’école de pensée qui dit que mes bottines doivent suivre mes babines, j’ai dû me faire à l’idée que j’étais pour exposer ma réflexion et me mettre à nu devant mes pairs puisqu’on ne peut jamais demander aux autres ce que nous ne sommes pas prêts à faire. Je prends donc mon courage à deux mains et je me place devant vous avec mon Jenga branlant afin de partager avec vous le processus d’apprentissage que j’ai vécu depuis les 5 dernières années. Plutôt que de me tremper les orteils et de tenter de m’habituer à la température de cette piscine pédagogique, je plonge. C’est dans ma nature!

 

Quand je parle, quand je rêve, je le fais en images et le portrait qui se dresse devant moi est composé de deux éléments essentiels: un JENGA et un INUKSHUK.

 

Le Jenga

Un Jenga, c’est un jeu de société composé de blocs. Son nom signifie construire et, pour moi, ce fameux jeu a toujours été synonyme de la construction identitaire d’une personne (merci Lise Paiement et la pédagogie culturelle). Un Jenga, c’est une tour composée de blocs, tous aussi importants les uns que les autres, mais qui peut être devenir instable, qui peut être redressée, qui peut s’effondrer. Cependant, il est toujours composé du même nombre de blocs qui n’ont qu’à être replacés pour redevenir la tour. Quand je réfléchis aux blocs qui composent cette tour identitaire, j’imagine les différentes composantes de la personne: les événements marquants, les valeurs ancrées, les êtres chers et l’environnement dans lequel elle vit son quotidien. Les blocs sont là, toujours là, mais ils sont parfois plus importants et parfois, ignorés. Ils se placent et se déplacent, mais une chose demeure certaine, les blocs au bas de la tour sont ceux qui ancrent le tout ; ce sont les valeurs enracinées et omniprésentes.

 

L’inukshuk

Un inukshuk, c’est un assemblage de pierres qui indique un chemin, une direction. Il sert à orienter et à guider. Il est, lui aussi, composé de plusieurs éléments, mais il est complet, solide et ferme. Quand je réfléchis à l’Inukshuk, je ne peux m’empêcher de voir le cycle d’apprentissage et de l’évaluation. C’est peut-être une déformation professionnelle, mais cette image me rappelle qu’un processus est composé de parties qui sont toutes aussi importantes l’une que l’autre et que c’est en vivant complètement ce processus que la personne comprend réellement ce qu’elle apprend, ce qu’elle a accompli. Les pierres sont placées dans un ordre important, mais vu que l’inukshuk n’est pas symétrique, ni assemblé avec du mortier, il est possible de vivre le cycle selon plusieurs trajets. Une chose demeure, cependant, et c’est que l’Inukshuk se repose sur deux éléments essentiels qui dirigent tout le processus.

 

Une vision et une mission

Depuis plusieurs années, notre équipe pédagogique chemine afin de définir nos incontournables, nos éléments essentiels, nos valeurs communes et incontestables. Se doter d’une vision  et d’une mission a été d’une importance primordiale. Nous nous sommes entendus: l’élève doit être au cœur de toutes nos décisions. Nous lui devons des occasions d’apprentissage uniques, nous lui devons d’être son partenaire de choix et de lui créer des tâches engageantes, authentiques pour qu’il puisse être dans un lieu vivant, axé sur le monde qui l’entoure et non les 4 murs de son école.  Nos pierres et nos blocs se définissent!

 

Faire et défaire

Notre cible était claire: une école partenaire, unique et vivante. Le chemin que nous devions tracer pour l’atteindre l’était beaucoup moins. Les blocs se plaçaient et se déplaçaient. Nous mettions des conditions en place que nous croyions viables et importantes pour comprendre finalement que ce n’était pas le cas. Le Jenga se déstabilisait, s’effondrait, mais les valeurs étaient toujours bel et bien ancrées. Les pierres de l’Inukshuk ne se plaçaient pas en équilibre aussi rapidement que nous le voulions, mais nous les accumulions afin de déterminer comment les assembler pour que notre trajet se définisse. Face à l’erreur et à l’échec, nous ne pouvions baisser les bras et abandonner. Nous travaillions pour l’élève et il méritait que nous fassions preuve de résilience, de persévérance et de rigueur, que nous créions des conditions où nous pourrions établir des relations saines et que nous tracions les liens et le rapport entre l’école et le monde. Nous avons choisi de réfléchir ensemble ; de lire des recherches ensemble, de se mettre au défi ensemble… de se brasser le Jenga collectif! Et peu à peu, la tour se redressait et se solidifiait. Les pierres de l’Inukshuk se définissaient et son assemblage se poursuivait.

 

Des programmations uniques! Des tâches intégrées! Une école qui crée un climat sain et familial où la pédagogie transpire ! Des choix réfléchis ! Des échecs ! Des réussites ! Une culture d’apprentissage qui se fait sentir Du développement professionnel! Des formations parfois superbes parfois affreuses ! Un questionnement! Des preneurs de risque ! Des portes qui s’ouvrent! Des gens qui adhèrent!  Des gens qui contestent! Nous étions en plein changement et nous devions choisir: foncer? Ou abandonner? Tous ces blocs Jenga jouaient sur notre engagement. Vaut-il la peine de poursuivre? De se redéfinir? De faire autrement? Devons-nous prendre un recul? Faire un pas vers l’arrière? Attendre que quelqu’un d’autre trace le chemin? Impossible pour nous de lâcher prise… nous touchons l’avenir tous les jours et nous nous sommes dotés d’une mission.

 

Notre Jenga est toujours en mouvement. Parfois solide et inébranlable ; parfois fragile et déséquilibré ; parfois en croissance, parfois en reconstruction complète!

Notre Inukshuk est assemblé. Les parties sont définies, le processus est clair. Mais le chemin que chacun prendra pour atteindre sa destination reste à se dessiner.

 

Une chose est certaine: nous voulons continuer à mettre en place les pièces importantes pour que TOUS nos élèves puissent comprendre les éléments de leur Jenga individuel et qu’ils puissent déterminer l’endroit que leur Inukshuk leur indique.

 

Et vous? Comment définissez-vous votre Jenga individuel ou collectif?

La destination de votre processus d’apprentissage est-il bien indiqué par votre Inukshuk?

 

Derniers commentaires
  • Bravo Lisa-Ann et toute l équipe du Relais pour oser, risquer et réussir!

  • Super Lori! Bravo pour ton leadership qui engage, inspiré et rayonne!

  • Fière de toi chère collègue !!!

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