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Inukshuk et Jenga : deux métaphores pour une école (épisode 1)

Ce billet est le premier d’une série de quatre témoignages. Il retrace la réflexion pédagogique d’une équipe d’enseignantes et d’enseignants du CSDCEO pour trouver une vision et une mission qui leur sont communes, et rechercher des façons de la mettre en oeuvre. 

 

Brassons notre Jenga pédagogique

L’inukshuk est un repère sur la route, tel le phare qui ramène le marin aux berges dans la tempête. Pour notre équipe pédagogique, composée d’enseignants et de la direction de l’École secondaire catholique Le Relais (CSDCEO), l’inukshuk est devenu le symbole des pratiques qui ancrent le pédagogue.

 

Notre inukshuk pédagogique

Il y a plus de 5 ans, nous avons entrepris la tâche de construire notre propre inukshuk, de définir la pédagogie qui allait nous rallier comme école, comme équipe. Telle la tour de Jenga qui se construit un bloc à la fois, nous avons bâti notre vision commune, une réflexion à la fois.

 

Dans notre équipe, la métaphore du Jenga est un référent habituel. Vous connaissez sûrement ce jeu qui consiste à utiliser les plaquettes de bois pour construire et construire une tour, puis de la déstabiliser en retirant des blocs pour les replacer plus haut. Vous voyez le lien avec votre quotidien en éducation ? Quand on fait le choix d’innover en pédagogie, de poser un regard critique sur ses pratiques, de se concentrer sur l’élève, c’est à ce moment qu’on brasse le Jenga… c’est aussi à ce moment que la magie se passe !

 

La case Départ

Au départ, il faut savoir qui on est afin de pouvoir décider où l’on veut aller. Qui sommes-nous en tant qu’équipe ? Qu’est-ce qui nous tient à cœur ? Qui est l’élève ? Où est-ce que nos élèves vibrent et vivent le plus de succès ? Est-ce que nos salles de classe répondent à nos besoins ? Quelle place occupe l’élève dans l’école ?

On ne répond pas à ce genre de question lors d’une petite jasette au photocopieur. C’est le type de conversation qu’il faut prioriser et valoriser. Il ne faut pas s’imaginer que ces réponses nous sont venues facilement. Des bras croisés, de la résistance, des frustrations… nous en avons vécu. De ces moments difficiles sont ressortis le point d’ancrage de notre équipe, notre Mission, notre Vision et nos Valeurs d’école. Nous avons établi une pédagogie commune centrée sur des objectifs communs. C’est le début d’une culture d’école, d’une culture d’apprenants, la case Départ. Nous avons établi notre Jenga. C’est alors que l’inukshuk a pris tout son sens : celui de l’élève au centre de son apprentissage.

 

Du cœur au ventre

Avec des objectifs clairs et tous les blocs à notre disposition, il fallait cibler notre prochaine étape. Comment mettre en place une culture d’apprentissage où l’élève, engagé dans son processus d’apprentissage, est au centre du tout, et où l’enseignant est partenaire dans ce processus ? Il fallait risquer pour innover, oser déplacer les blocs de notre Jenga ; il faut avoir du cœur au ventre.

Durant cette mise en œuvre, notre Jenga s’est écroulé à certains moments. Nous avons connu des échecs. Certains plus importants que d’autres, certains individuels, d’autres, d’équipe. Tout comme les échecs font partie du processus d’apprentissage de nos élèves, ils ont été des moments importants dans le nôtre. Ces échecs nous ont permis de nous remettre en question et de nous ajuster. Pourquoi ça n’a pas fonctionné ? Est-ce que c’est important ? Par ces questionnements, il a fallu revenir à nos objectifs de base afin de nous ajuster, modifier une pratique qui ne fonctionne pas, ou bien encore être prêts à l’éliminer si elle ne répond pas à nos objectifs.

Une culture d’apprenants a pris place au sein de notre école. Des tâches authentiques, l’intégration de matières, la valorisation du processus d’apprentissage — toutes ces initiatives visent à placer l’élève au centre de son apprentissage. La période quotidienne d’autorégulation permet aux élèves de réfléchir à leur processus, de se fixer des objectifs d’apprentissage. Les enseignants y jouent un rôle clé en offrant de la rétroaction. Les salles de classe commencent à s’ouvrir, la vraie collaboration prend place et le perfectionnement professionnel est un élément clé des pratiques de chacun. Les enseignants sont le modèle d’apprenant que l’on souhaite que nos élèves deviennent. De plus en plus, on ose risquer, innover dans nos pratiques, ce qui nous a permis d’arriver à une transformation de notre approche pédagogique.

 

Le dernier bloc de l’année

En cette fin d’année scolaire, nous sommes fébriles à l’anticipation de la prochaine étape de notre cheminement pédagogique. La programmation Options+ prendra son envol. Cette programmation est l’aboutissement des réflexions entamées, il y a cinq ans. Une programmation faite sur mesure afin de répondre aux besoins de chacun des élèves du groupe.

Par la mise en œuvre de cette programmation, plus que jamais, nous sommes en mesure de répondre à notre mission d’école : être PARTENAIRES, UNIQUES, et VIVANTS face à notre approche pédagogique et l’apprentissage de nos élèves.

 

 

Brasser le Jenga

Au même moment où nous mettons en place le dernier bloc de l’année, il est aussi temps de nous fixer de nouveaux objectifs, continuer à cheminer, à nous questionner, à améliorer nos pratiques. Ce petit moment de réflexion me permet de prendre un moment de recul, de regarder la tour de Jenga*que nous avons érigée et de réfléchir au processus entrepris pour y arriver. En septembre, nous démarrons la prochaine étape, on brasse le Jenga à nouveau ! De nouveaux blocs à ajouter, une nouvelle tour à bâtir, stabiliser, brasser, rebâtir… Peu importe, nous savons qu’elle sera le reflet de l’inukshuk.

 

Comment allez-vous brasser votre Jenga en septembre ?

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