CFORP -  Le centre d'innovation pédagogique
Le centre d’innovation pédagogique
 

La voix des élèves, ce n’est plus possible de l’ignorer…

Pendant la période estivale, j’ai exploré en profondeur le document de réflexion Définir les compétences du 21e siècle pour l’Ontario qu’a présenté le ministère de l’Éducation de l’Ontario à l’hiver 2016. Une des parties de ce document portant sur le rôle de l’apprentissage informel et « expérientiel » m’a particulièrement interpellé. On peut y lire le message suivant :

“L’essor […] des outils numériques [a] des répercussions sur la façon dont les élèves interagissent et réagissent dans le monde qui les entoure. Les technologies numériques, y compris les médias sociaux et les jeux, s’inscrivent dans le mode de vie des jeunes, phénomène que les écoles ne peuvent plus ignorer si elles veulent conserver leur pertinence.” Ministère de l’Éducation de l’Ontario (2015). Définir les compétences du 21e siècle pour l’Ontario – Document de réflexion, édition de l’hiver 2016, [En ligne], Toronto, Imprimeur de la Reine pour l’Ontario, p. 37.

Ce volet traitant de la nécessité de transformer l’école afin qu’elle demeure pertinente pour les élèves du 21e siècle me semble crucial. Il touche toutes les intervenantes et tous les intervenants du milieu de l’éducation. Il s’agit d’un état de choses duquel on ne peut désormais se dérober, d’autant plus qu’il est étroitement lié à l’avenir des élèves dont on nous confie l’apprentissage. Aussi, parce que la réalité sociale des jeunes est en constante transformation grâce, entre autres, à l’accessibilité qu’elles et ils ont à de nombreux moyens de communication, d’apprentissage et d’interaction. Impossible de faire marche arrière, peu importe le rythme que l’on adoptera afin de s’y adapter. Alors, pour que l’école conserve sa pertinence, que faut-il favoriser?
© Imprimeur de la Reine pour l’Ontario, 2017

 

Lorsqu’on écoute ce que nous disent les élèves… (Voir les réflexions qu’a émises le Conseil consultatif ministériel des élèves.)

Il est clair, pour eux, que les relations doivent constituer le fondement de l’éducation. Les élèves souhaitent établir un réel partenariat avec le personnel de l’école, désirent apprendre en partant de situations réelles en lien avec leurs passions et leurs besoins, et collaborer avec leurs pairs d’ici et d’ailleurs. Les élèves veulent s’exprimer et créer, et recherchent des leaders empathiques et bienveillants. Lors de la conférence Tac2016 nous avons jugé essentiel d’accorder une voix aux élèves, autant aux grands qu’aux petits. Quelque temps avant le forum, la rencontre avec ces élèves a été très inspirante. À la question : « Qu’est-ce qui t’aide le plus à apprendre à l’école et en classe? », toutes et tous ont répondu que la collaboration et les interactions avec les autres élèves étaient essentielles.

 

Être attentif aux réalités des élèves que nous côtoyons, sans porter de jugement…

                                                               Forum des élèves, Conférence Tac2016

Cela devrait être la première tâche à laquelle nous devrions nous atteler. Observer attentivement leurs comportements, leurs façons de réagir, leurs façons d’agir et, surtout, oser leur poser des questions pour réellement les comprendre et s’arrêter sur leurs particularités. Lors de la conférence Tac2016, Nancy Brousseau écrivait sur Twitter le message suivant : « Écouter la VOIX des élèves pour nous permettre de trouver notre VOIE » (@NancyBrousseau).

 

Si l’on écoute attentivement la voix des élèves, on peut y déceler que les jeunes font de l’apprentissage un acte social.

Les jeunes partagent et collaborent en mode infonuagique, publient abondamment leurs impressions, leurs compréhensions et leurs créations et, souvent, sans se censurer. Avant-hier ils étaient sur Facebook, hier sur Twitter, aujourd’hui sur Instagram, Snapchat et YouTube. Demain, peut-être les verra-t-on faire une utilisation accrue de la réalité virtuelle et plus encore. Les jeunes ont à leur disposition des sources inépuisables d’information, qu’elles soient écrites, audio, vidéo ou en images. Les élèves que nous accompagnons peuvent très rapidement se faire une idée des points de vue que nous leur présentons en passant en revue d’autres opinions, voire des discours contradictoires, et ce, à l’aide des nombreuses sources numériques à leur disposition. Ces jeunes nous poussent à comprendre que l’utilisation des ressources et des outils numériques est devenue un incontournable en 2017. Elles et ils nous invitent à les suivre et à leur faire confiance, car elles et ils n’ont pas l’intention de faire marche arrière! Pour les élèves, il est clair que les bénéfices qu’apportent les ressources technologiques sont beaucoup plus grands que les dangers souvent soulevés par les adultes.

 

Et nous, au sein de notre communauté scolaire, comment arrivons-nous à répondre à ce nouvel état de choses?

Sommes-nous disposés à repenser le partenariat élèves-personnel enseignant et à modifier nos pratiques pédagogiques? Dans l’ensemble, notre communauté scolaire arrive-t-elle à bien cerner ce changement et ce passage nécessaires concernant l’intégration des ressources numériques à l’apprentissage? Thierry Karsenti, dans un récent billet de blogue, précisait que :

“Lorsque l’on parle de technologies à l’école, il est grand temps de dépasser ce débat. Il faut replacer l’enseignant et l’élève au cœur du rôle des technologies pour l’apprentissage. Il faut se demander comment les technologies peuvent permettre de mieux enseigner, de mieux apprendre, de développer les compétences du 21e siècle, de donner le goût d’apprendre, etc. C’est le comment qui est important. L’époque du pour ou du contre est, depuis longtemps, dépassée, même si trop de personnes tardent toujours à l’accepter.” Thierry Karsenti (2016). « Les technologies ont-elles un réel impact sur la réussite scolaire? », [Blogue], éducO, Ottawa, CFORP.

 

Écouter la voix de nos élèves et tenir compte du nouveau paysage social dans lequel elles et ils grandissent…

En réalisant ces actions, nous serons en mesure de mieux aider les jeunes à s’impliquer dans les changements pour orienter, soutenir et donner un sens à ces changements. En somme, pour paraphraser Nancy Brousseau, en écoutant la voix des élèves, quelle orientation nos voies pédagogiques et nos voies relationnelles prendront-elles pour soutenir leur apprentissage?

Partager l'article
Écrit par

Dans le domaine de l’éducation depuis plus de 27 ans, je suis actuellement leader pédagogique dans l’équipe TacTic du CFORP. Je soutiens la croissance professionnelle des directions d’école, des membres du personnel enseignant et des membres des services pédagogiques pour mieux répondre aux besoins d’apprentissage des élèves d’aujourd’hui. Je m’intéresse particulièrement à la ludification de l’apprentissage, à la pédagogie participative et à la transformation des espaces d’apprentissage.

Aucun commentaires

LAISSEZ UN COMMENTAIRE