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Rétroaction traditionnelle ou technologique?

Combiner rétroaction et technologie : cette idée a été soulevée par Thierry Karsenti dans son billet d’octobre, et c’est exactement ce que l’on est en train d’expérimenter depuis la session d’hiver 2015 du Cégep à distance, au Québec, avec le projet Devoir+.

En sachant que la rétroaction joue un rôle dans le processus d’apprentissage et qu’elle figure parmi les 10 facteurs ayant un effet significatif sur la réussite et l’apprentissage (ce qu’a également expliqué Thierry Karsenti), on a voulu vérifier si les TIC pouvaient améliorer les rétroactions traditionnelles que l’on observe en salle de classe. En effet, la rétroaction traditionnelle, écrite sur les copies, présente des contraintes d’ordre temporel (écrire prend du temps), d’ordre spatial (l’espace est restreint) et de compréhension de l’écriture des apprenantes et des apprenants.

Le développement de nombreuses technologies de l’information et des communications (TIC) permet de se tourner vers d’autres moyens que l’écrit pour fournir de la rétroaction. Pensons à l’utilisation de commentaires audio, de vidéos ou même de la visioconférence à l’aide d’un tableau blanc collaboratif en ligne.

Mais, dans ce type de projet où l’on s’attaque à la mise en place de technologies dans l’éducation, certaines questions reviennent immanquablement : Quel est l’impact de ces technologies sur la réussite scolaire? Du point de vue de la formation à distance, l’enjeu touche-t-il aussi la persévérance des apprenantes et des apprenants?

Basée sur ces questions, une étude quasi expérimentale (groupe contrôle versus groupe expérimental, mesures aux prétests et aux post-tests) a été mise sur pied grâce au soutien financier du Programme d’aide à la recherche sur l’enseignement et l’apprentissage (PAREA) du ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur. Le but de cette étude est de déterminer si l’utilisation de fichiers audio, de vidéos ou de la visioconférence dans le cadre de la rétroaction sur les travaux des apprenantes et apprenants apporte réellement un avantage et si elle influence leur réussite et leur persévérance. Leurs perceptions et l’impact de ces technologies sur le système d’encadrement sont aussi documentés.

Plus de 200 apprenantes et apprenants font partie du groupe expérimental et reçoivent ce type de rétroaction pour chacun des quatre devoirs remis à leur enseignante ou à leur enseignant dans leur cours.

Les premiers résultats indiquent qu’effectivement les apprenantes et apprenants apprécient beaucoup ce type de rétroaction et en sont très satisfaits. Les plus enthousiastes sont celles et ceux qui reçoivent une rétroaction par vidéo. On s’aperçoit également que leurs attentes à l’égard de la rétroaction sont liées à la tâche plutôt qu’au besoin d’être encouragés.

Les résultats finaux seront disponibles en 2017, mais, si la tendance se maintient, la rétroaction par vidéo serait la plus appréciée, tandis que le fichier audio n’apporterait rien de plus. Quant à la visioconférence, il est trop tôt pour se prononcer. En plus du rendement scolaire des apprenantes et apprenants, plusieurs autres mesures sont actuellement en train d’être récoltées avant et après leur cours, comme le sentiment d’autoefficacité en formation à distance, la motivation à utiliser les TIC, la façon d’aborder le cours et la peur de l’évaluation négative. La revue de la littérature nous a aussi permis de dégager les bonnes pratiques en matière de rétroaction technologique. Les résultats ont été et seront présentés dans plusieurs conférences. Vous pouvez consulter les présentations sur la page Web du projet Devoir+.

En somme, le projet Devoir+ représente un exemple concret de développement, de mise en œuvre et d’évaluation d’une idée qui s’appuie à la fois sur des résultats de recherches antérieures (données probantes) et sur la technologie pour améliorer les pratiques existantes.

 

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Écrit par

Stéphanie Facchin, Ph.D., est conseillère pédagogique au secteur de la recherche du Cégep à distance. C’est elle qui mène le projet Devoir+.

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