CFORP -  Le centre d'innovation pédagogique
Le centre d’innovation pédagogique
 

Éduquer nos enfants comme des citoyens du monde qui connaissent leurs intérêts

Allumer le feu sacré des enfants

À quoi sert de traverser toutes ces années d’études du primaire et du secondaire, si, en fin de compte, les enfants n’ont pas découvert qui ils sont, s’ils n’ont n’a pas trouvé leurs talents ou leurs intérêts lorsqu’il s’agit d’aider les autres, s’ils n’ont n’a pas acquis une confiance inébranlable en ce que nous pouvons et devons apporter comme contribution à la société?

La période charnière de la grande enfance des 9-11 ans est un terreau des plus fertiles. En établissant la connaissance de soi (et non la connaissance) comme pierre d’assise de notre système d’éducation entre la 4e et la 6e année, il devient possible de transformer la vie des nos enfants et éventuellement de modifier la réalité du monde dans lequel nous vivons. Depuis 20 ans, je tente de trouver une manière de faire éclore le feu sacré chez les enfants, de telle sorte qu’ils puissent trouver leur raison d’être dans la vie. Pour contribuer de façon concrète et positive à cette entreprise de taille, j’ai créé le site Web WIGUP, un réseau interscolaire créatif. Ce site a été conçu en vue d’inspirer les jeunes âgés de 9 à 11 ans à devenir qui ils sont vraiment.

Élèves en salle de classe utilisant des ordinateurs.

Une démarche à partager

Après avoir interviewé le célèbre auteur Paulo Coelho du livre à succès L’Alchimiste, et l’avoir entendu confirmer que plus de 80 % des adultes sont insatisfaits au travail, je me suis dit qu’il était grand temps d’agir.

L’expert britannique, Sir Ken Robinson, souligne l’importance de trouver son « élément » dans la vie pour trouver le vrai bonheur. Il soutient également que les « écoles tuent la créativité des enfants ».

Le regretté philosophe et pédagogue français, Antoine de La Garanderie, avait écrit dans son livre sur la motivation : « la société doit faire savoir à chacun qu’il a un témoignage personnel à exprimer, qu’il en a le devoir, qu’il faut tout mettre en œuvre pour identifier ses ressources, les exploiter, se donner le champ social voulu pour les incarner. Tu n’as pas le droit de t’ignorer toi-même, de laisser en friche tes potentialités ». J’ai donc consacré 20 ans de ma vie à me demander ce qu’il manquait à notre système d’éducation pour inspirer les jeunes à découvrir qui ils étaient. J’ai découvert que les enfants de 9 à 11 ans sont au sommet de leur créativité, de leur enthousiasme naturel, de leur pureté, de leur absence de peur de façon générale, de leur ouverture sur le monde, de leur flexibilité. Ils sont même en mesure de bien cerner certains enjeux plus complexes. C’est le temps idéal pour en faire des « citoyens du monde » et ainsi rejoindre ce que l’UNESCO et les Nations Unies réclament en matière d’ouverture à la citoyenneté mondiale chez nos élèves. Au fil des ans, à titre de producteur et réalisateur de télévision, j’ai interviewé des centaines de personnes de tous les horizons, des champions olympiques, des aventuriers, des jeunes et moins jeunes, des célébrités ou des gens ordinaires au destin extraordinaire, pour tenter de trouver leur dénominateur commun.

Découvertes et constats

J’ai compris que la plupart des êtres humains découvrent très jeunes qui ils sont, et ce entre 9 et 11 ans. Mais trop souvent, ils perdent de vue cette parcelle d’eux-mêmes faute de renforcement positif orienté vers la découverte de soi et la mise en valeur de leur créativité. Puis, en vieillissant, leur cheminement va en s’embrouillant, si bien qu’une grande majorité de gens n’aboutissent pas là où ils auraient dû être. Souvent, ils iront même jusqu’à regretter de ne pas avoir suivi leur intuition, celle qu’ils avaient ressentie au cours de leur enfance. Au bas mot, il s’agit d’une perte immense en matière de talents pour notre société. Devant ce constat, j’ai imaginé à travers WIGUP une approche simple qui permettrait aux jeunes de 9 à 11 ans (4e à la 6e année) d’être régulièrement en contact avec des mentors, d’être en mesure d’interviewer eux-mêmes des gens de leur communauté, et enfin de monter des projets entrepreneuriaux de leur cru afin de rendre service aux gens de leur quartier ou même d’un autre pays. Conséquemment, les jeunes ayant découvert leur nature profonde à un âge précoce, pourraient se forger une vision forte de leur unicité avant d’entreprendre le secondaire, de traverser l’adolescence et ainsi effectuer des choix de carrière beaucoup plus éclairés.

Une entrevue pour WIGUP TV en salle de classe.

Le rôle de l’école

L’école devrait être un lieu où l’on découvre qui l’on est, et les matières scolaires des outils qui soutiennent cette mission à laquelle on se voue petit à petit. Actuellement, l’accent est encore trop mis sur l’acquisition de la connaissance et on ne se soucie pas suffisamment d’aider l’élève à découvrir son projet de vie, son unicité, sa différence. Les statistiques à ce sujet sont révélatrices : plus de 80 % des gens aboutissent au mauvais endroit professionnellement. À l’heure où la plupart des systèmes d’éducation dans le monde tentent d’amorcer le virage du 21e siècle, voilà une approche pédagogique novatrice qui peut transformer l’expérience scolaire.

Ainsi, au terme de 20 années de recherche sur le terrain, je demeure convaincu qu’en misant sur la connaissance de soi entre 9 et 11 ans, nous pourrons donner des ailes à nos élèves, sans compter ce lot de motivation à revendre.

Élèves avec des certificats.

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Écrit par

<p>Mark a été animateur à la radio de Radio-­Canada à Windsor. Il a été commentateur sportif aux Jeux Olympiques de Barcelone, puis réalisateur à la télévision de Radio-­Canada à Ottawa.<br /> Depuis 2001, il est producteur exécutif et président de Balestra.</p> <p>En plus de plusieurs séries jeunesse et documentaires, Mark a produit la première comédie franco-­ontarienne au cinéma, La Sacrée. Mark est également le fondateur du réseau interscolaire créatif, WIGUP.tv qui vise à aider chaque enfant à découvrir sa mission dans la vie.</p> <p>Marié et père de deux garçons, Mark a déjà fait partie des 15 meilleurs escrimeurs juniors au monde.</p>

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