CFORP -  Le centre d'innovation pédagogique
Le centre d’innovation pédagogique
 

Être leader, ça peut être…

J’ai dit oui. Je vais écrire un billet de blogue pour le CFORP. Ça fait plusieurs semaines que j’y réfléchis et j’ai décidé d’écrire sur le leadership. Pas très original comme sujet. Pourtant je sais que c’est un sujet fort populaire. Un leader, ça mange quoi à l’automne dans nos milieux de travail? Ça fait plus de trois ans que je suis leader pédagogique dans l’équipe TacTIC du CFORP et j’ai la chance incroyable d’accompagner certaines directions d’école afin de les aider à mettre en œuvre leur plan d’amélioration. Un honneur et un privilège.

Chaque fois que je me présente dans une école, c’est toujours une nouvelle aventure qui commence. Fort de mes expériences antérieures, je me dis que je vais essayer de faire toujours mieux. Je suis de plus en plus conscient du rôle de leader que je peux exercer. Je me suis rendu compte que si je veux favoriser un changement durable, il y a certains éléments à considérer. Par exemple, il devient plus facile d’influencer lorsque je commence par m’imprégner du contexte/milieu, pour ensuite créer une bonne relation et écouter véritablement la personne et finalement pouvoir profiter de toutes les occasions qui se présentent à moi. Tous ces facteurs influencent mon crédo d’accompagnateur professionnel.

Chaque milieu de travail a son contexte particulier. Prendre le temps de « parcourir » les corridors, de rencontrer le personnel et de connaître les histoires à succès améliore les chances de réussite de mon accompagnement. C’est comme si chaque école avait ses règles non écrites. Il n’y a rien de plus profitable qu’une conversation imprévue dans le cadre de porte d’une salle de classe. C’est souvent dans l’imprévu que les meilleures idées naissent. Un jour, au retour d’un voyage humanitaire en Haïti, je discutais avec une collègue informellement lorsqu’elle me dit : « Pourquoi tu n’écrirais pas un livre sur le sujet? » Quatre ans plus tard à l’automne 2016, j’ai procédé au lancement de Première fois, un livre qui relate le quotidien de mon premier voyage en Haïti.

Prendre le temps d’écouter l’autre, c’est se donner le loisir d’avoir des idées. C’est une des façons qui m’inspire le plus. Chaque jour apporte son lot d’idées nouvelles. On peut même s’exercer tous les jours à saisir les occasions. Par exemple, pour être créatif, on peut jumeler deux concepts qui n’ont rien en commun et en faire un début d’innovation. Hier, ce fut le dimanche et la créativité… les deux sujets pour mon prochain billet de blogue; avant-hier la domotique et les répercussions à l’école, le sujet d’un atelier pour le colloque Tac2017 en décembre à Toronto. Il est important d’écouter et de se « forcer » à avoir de nouvelles idées. Innover, c’est une question d’habitude. Ma mère me dit toujours que si je veux devenir un bon apiculteur, il faut jouer avec les abeilles le plus souvent possible.

En plus de saisir les occasions, John C. Maxwell écrit : « Allez toujours droit au cœur de la personne avant de lui demander un coup de main[1]. » Lors de mes premières rencontres, je tente de créer la relation professionnelle la plus authentique possible avec la personne accompagnée. Je ne détiens pas la vérité avec un V majuscule. Humblement, je veux établir un climat de confiance entre la personne et moi. J’essaie d’être à l’écoute de ses besoins et de ceux de son école. Il devient plus facile par la suite d’exercer une certaine influence si j’investis dans une relation professionnelle en étant au service de la personne.

À l’âge de 19 ans, je me souviens lorsque j’ai participé à un échange Philippines/Canada avec le programme Jeunesse Canada Monde, je voulais vraiment changer le monde. Lorsque nous avions nos rencontres, je ne comprenais pas pourquoi on devait toujours « perdre » du temps pour s’informer de chaque personne du groupe. C’était pour moi une grosse perte de temps jusqu’au jour où l’un des participants des Philippines m’a pris à part et m’a expliqué que dans son pays il fallait tout d’abord établir un lien avec les personnes pour ensuite parler affaires. Et c’est là que j’ai compris l’importance des relations.

Enfin, dans toutes les situations, certaines occasions me permettent d’avoir un impact. Ainsi je prends différents rôles. Tantôt, je deviens formateur/animateur, coach, accompagnateur, visionnaire-aidant ou encore mentor[2]. Je peux ainsi exercer une influence positive autour de moi et contribuer au développement de certaines compétences globales.

Bon c’est fait! Mon 1er billet est terminé. Je voulais parler leadership. Finalement ce sont plutôt certains critères utilisés qui font que je peux exercer mon leadership qui ont pris le dessus. Ce qui est merveilleux, c’est que nous avons TOUS la possibilité de le faire avec nos élèves, nos collègues ou notre communauté scolaire. Exercer son leadership devient un geste quotidien avec les personnes qui nous entourent.

 

Bon « leadershipage », oui je viens de créer un mot en joignant leadership et équipage…

N’hésitez pas à me laisser vos commentaires.

 

 

_________________________________

[1] Maxwell, John C., Les 21 lois irréfutables du leadership, 2014, p 149

[2] Guide d’accompagnement des directions d’école

Partager l'article
Écrit par

Passionné de pédagogie, d’apiculture et de technologies, Louis P Houle fut enseignant, puis directeur d’école pour le Conseil scolaire de district catholique de l’Est ontarien. Depuis peu, il détient son brevet d’agent de supervision. Il travaille actuellement au service Formation professionnelle du CFORP à titre de leader pédagogique de l’équipe TacTIC. Lors de séjours en Haïti, il a travaillé à la formation du personnel enseignant et de certaines directions d’école. Il vient tout juste de publier, Première fois (https://www.amazon.ca/Premi%C3%A8re-fois-Une-exp%C3%A9rience-vie/dp/1539186504) un livre qui relate cette première expérience internationale. Twitter : @louisphoule

Aucun commentaires

LAISSEZ UN COMMENTAIRE