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Une mentalité de croissance, s’ouvrir aux possibilités

Ce billet de blogue est complémentaire aux capsules d’autoformation sur la mentalité de croissance produites par le CFORP. C’est le dernier billet, d’une série de 13 billets.

 

Une mentalité de croissance, s’ouvrir aux possibilités

 

Un monde en changement

 

La mentalité de croissance nous expose à des possibilités sur les plans personnel et professionnel. Le monde de l’éducation fait face à des changements qui nous incitent à préparer les enfants, les futurs citoyens, à vivre dans une société en constante évolution, à occuper des emplois encore inconnus et à s’épanouir. Pour ce faire, il faut s’ouvrir aux possibilités. Pour réussir à s’épanouir comme individu dans cette société changeante, il faut s’ouvrir aux possibilités. Pour avoir le choix, il faut s’ouvrir aux possibilités. Pour s’ouvrir aux possibilités, il faut adopter une mentalité de croissance.

La mentalité de croissance nous permet[1] :

  • d’être à l’écoute de la critique pour apprendre davantage;
  • d’accepter les défis pour se surpasser;
  • de persévérer devant les obstacles;
  • de redoubler d’efforts pour devenir meilleur;
  • de considérer le succès des autres comme des leçons pour soi.

 

 La coexistence d’une mentalité fixe et d’une mentalité de croissance

 

En tant qu’adultes travaillant auprès des élèves, nous nous devons d’être des modèles de mentalité de croissance en modélisant et en donnant des exemples de notre quotidien, mais aussi en parlant ouvertement des caractéristiques d’une mentalité fixe et d’une mentalité de croissance dans différentes situations. Pour être de bons modèles, il faut commencer par choisir de passer chaque jour à appuyer les élèves dans leur apprentissage, leur bien-être et leur développement. La mentalité de croissance nous permet d’être un apprenant à vie dans tous les aspects : spirituel, émotionnel, social, physique et cognitif. Il faut être capable de prendre du recul devant nos choix, nos décisions, nos réactions et nos attitudes si nous voulons montrer que nous sommes bel et bien sur la voie d’une mentalité de croissance. Il faut comprendre que la mentalité de croissance et la mentalité fixe doivent coexister : « Si nous “interdisons” l’état d’esprit fixe, nous créerons sûrement de fausses mentalités de croissance[2]. » Une analyse périodique peut nous aider à demeurer sur la voie d’une mentalité de croissance :

  • Qu’en est-il de la prédisposition vers une mentalité fixe ou une mentalité de croissance?
  • Avons-nous toujours le choix? La situation peut-elle dicter notre choix?
  • La mentalité de croissance est-elle innée ou acquise?
  • Est-ce suffisant de « décider » d’adopter une mentalité de croissance?
  • Devant des problèmes difficiles, est-ce que je m’attarde aux problèmes ou aux solutions possibles?

 

Notre choix, nos possibilités

 

Chaque décision prise apporte de nouvelles possibilités. À nous de les voir ou pas.

Pensez à la dernière fois que l’on vous a « imposé » une façon de faire ou une décision. Comment avez-vous réagi? Avez-vous adopté une mentalité de croissance ou une mentalité fixe? Devant des décisions prises par d’autres, il est facile de se sentir impuissant ou contrôlé et ainsi adopter une mentalité fixe. Toutefois, la mentalité de croissance nous servirait mieux en nous permettant de voir cette décision et les obstacles qui y sont liés comme des sources d’inspiration pour de nouvelles idées novatrices ou comme des occasions d’apprentissage. C’est notre choix, ce sont nos possibilités.

 

Oser rêver!

 

Les possibilités appartiennent à ceux qui rêvent et osent. Chaque parcours est parsemé de défis. Sans une mentalité de croissance, je ne serais pas où je suis aujourd’hui. En fait, j’aurais peut-être quitté l’enseignement. Étant toujours en bas de la liste d’ancienneté, en 10 ans d’enseignement, je n’ai pas occupé le même poste plus d’un an. Chaque année m’a apporté de nouveaux défis à relever. Chaque année, j’ai appris. J’ai accueilli chaque nouvelle année d’études avec enthousiasme. Est-ce que j’ai eu des moments creux, des moments où je me sentais incapable de recommencer encore une fois? Absolument. Grâce à l’appui de collègues et de bons leaders, j’ai persévéré. Mon apprentissage m’a permis d’accéder à un poste de direction d’école où je croyais trouver une certaine stabilité. Erreur. Il n’y a jamais eu de stabilité pour moi, puisqu’en sept ans j’ai été directrice de trois établissements et je me suis occupée d’un dossier systémique. Néanmoins, je ne changerais rien à mon parcours. Il m’a menée où je suis maintenant. Chaque défi auquel je fais face me permet de m’améliorer, de faire une différence positive pour moi et au moins une autre personne et de contribuer à l’avancement d’un organisme, que ce soit une école, un conseil scolaire ou une association professionnelle. Surtout, je n’arrête pas de rêver… de rêver à un monde meilleur pour moi, pour mes enfants et pour les élèves. Je souhaite qu’eux aussi puissent rêver et oser.

 

Un parcours, un sentier choisi

 

Curieux de nature et ayant habituellement une soif d’apprendre, les enfants sont comme des éponges, bien que cette expression concerne davantage les jeunes enfants. Que nous soyons adultes, adolescents ou enfants, nous faisons face tous les jours à des situations où nous pouvons choisir entre une mentalité de croissance ou une mentalité fixe. Une mentalité de croissance, c’est une façon d’être, pas seulement une façon de faire. C’est un parcours, un sentier choisi et non une finalité. C’est aussi un concept relativement récent, et quiconque en sait un peu sur le travail de Carol S. Dweck (mentalité fixe et mentalité de croissance) veut croire en sa capacité d’adopter une mentalité de croissance. Or, parfois, nous croyons avoir une mentalité de croissance, alors que notre comportement montre davantage une mentalité fixe. Dans un texte de 2015, Carol S. Dweck indique que « […] nous trouvons de nombreux parents qui souscrivent à une mentalité de croissance, mais réagissent aux erreurs de leurs enfants comme si elles étaient problématiques ou nocives plutôt qu’utiles. Dans ces cas, leurs enfants développent plus d’un état d’esprit fixe sur leur intelligence[3]. » Cela s’avère aussi exact en ce qui concerne les professionnelles du milieu de l’éducation.

 

Source : Tirée de la capsule La mentalité de croissance, s’ouvrir aux possibilités.

 

Notre pouvoir d’influence

 

En tant qu’individus travaillant dans le milieu de l’éducation, nous avons un pouvoir d’influence sur nos élèves et nos collègues. Nous pouvons modéliser et questionner pour les guider vers une mentalité de croissance, donc vers de nombreuses possibilités. Cela devient plus important lorsque tout l’organisme est en en mesure d’adopter une mentalité de croissance. Dans son blogue du 18 mars 2018, Marius Bourgeoys écrit qu’un organisme peut, en effet, choisir une mentalité de croissance en choisissant d’être à jamais dans un processus d’amélioration continue où tous ont droit à l’erreur[4]. Imaginez un peu toutes les possibilités qui s’ouvrent à nos élèves et à nous dans le présent et l’avenir si chaque personne travaille à faire de son milieu un environnement de croissance personnelle et professionnelle.

En adoptant individuellement et collectivement une mentalité de croissance, je serai, nous serons et les élèves seront ouverts à toutes les possibilités! Quelle belle aventure pour nous tous!

[1] Adapté de mindsetworks.com/science/Impact (consulté le 4 mai 2018)

[2] studentsatthecenterhub.org/fr/blog/carol-dweck-revisits-the-growth-mindset/ (consulté le 4 mai 2018)

[3] studentsatthecenterhub.org/fr/blog/carol-dweck-revisits-the-growth-mindset/ (consulté le 4 mai 2018)

[4] mariusbourgeoys.ca/category/mentalite-de-croissance/ (consulté le 30 avril 2018)

Écrit par
Nadine Trépanier-Bisson est à la direction générale de l’ADFO depuis août 2011. Avant cela, elle a occupé différents postes de directions d’école auprès du CSDCEO où elle a également siégé à différents comités systémiques et du ministère de l’Éducation de l’Ontario. Avant d’accéder à la direction, Nadine a enseigné dans des écoles de l’Ontario pendant 10 ans dans les régions de l’Est ontarien, Renfrew et Toronto. Pendant ses nombreuses années d’expérience dans le secteur de l’éducation, elle a développé ses compétences en médiation, en résolution de conflits et en gestion des relations. Dans ses fonctions de direction générale de l’ADFO, elle appuie les cotisantes et les cotisants qui vivent des défis professionnels, le développement de formation par des directions pour directions. Elle s’assure aussi que la voix des directions et des directions adjointes des écoles de langue française soit entendue auprès des partenaires éducatifs de l’Association.
Derniers commentaires
  • Bonjour,

    vous avez entièrement raison en affirmant qu’il faut avoir une mentalité de croissance pour évoluer dans notre travail ou dans notre vie. Les élèves d’aujourd’hui n’ont rien à voir avec ceux quand j’ai commencé à enseigner il y a 10 ans. Il y a beaucoup plus d’élèves qui ont besoin d’aide des professionnel de l’école, qui ont de grave problème personnel ou des difficultés grave d’apprentissage. On doit ajuster notre façon d’enseigner et d’intervenir avec eux, les vielles méthodes ne fonctionne plus trop bien. Il faut aussi être en mesure de s’en rendre compte pour changer…

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